Connasse

Je me souviens que la peau de son sexe était fine et transparente par endroits. Dans cette petite ville où nous nous étions arrêtés au départ pour manger une soupe de poireaux et dégoulinants tous les deux sous cette pluie du Nord qui te glace les os, pour nous réchauffer les jumelles, nous avions décidé de louer une petite chambre chez Mme Violette Leblanc.
Je me souviens que le papier peint était assorti à son maillot rose et que ça m’avait surprise ce rose soudain au milieu de tout ce gris et que j’avais ri. Je me souviens qu’il l’avait mal pris. C’est là qu’il m’a traitée de connasse et ce mot là m’avait subitement plongée dans le labyrinthe des mauvais souvenirs, dans la grotte sombre de ma mémoire, au temps ou les mots fusaient comme des projectiles et que maman pleurait le soir en s’endormant. Ce mot-là connasse m’avait renvoyée au temps ou les caresses s’échangeaient contre des dollars, au temps ou je n’y pouvais rien, c’était comme ça et voilà tout.
Pas pleurer, pas me plaindre, pas répondre jamais, alors je me suis déshabillée et je me suis approchée de lui. J’ai caressé son sexe malgré le connasse la pluie et le rose de son maillot de corps. A la fin, quand nous avons terminé, je me suis levée et sans rien dire, avant de le quitter, suis allée me servir dans son portefeuille.
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