écrire

J’écris des morceaux.

Des morceaux de moi.

Les mots des maux mis en morceaux.

Vivre les mots. Passé et présent s’entremêlent,  j’attrape les morceaux qui circulent de bas en haut.

Il y a un cri évident conscient ou inconscient, peu importe. Il existe et se fige pour dire, dire quoi sur toi sur moi, sur les autres.

La noirceur s’agrippe naturellement. L’insolente,  elle s’invite, il y a résistance, il y a accueil, mon corps se crispe, je ne veux pas puis il m’arrive de lâcher les mots les uns après les autres et les couleurs du moment. J’essaie, je tente d’être fidèle à moi, exercice d’un âge, exercice pour grandir.

Je convie les petits morceaux qui me constituent, qui font de moi tous les mois qui traversent les années, je m’égare, je bute contre cet égo vertigineux qui m’éloigne de mes mois si délicats, si fragiles,  si précieux.

Elle, il, je…je cherche.  C’est elle ou c’est lui ou c’est moi, je me perds, je me noie dans mes mots, je doute, je refuse, je revis le passé, je démarre un présent, je suis au collège en cours de français et j’ai 5 sur 20.

Sourire, écrire, lire, plonger dans les morceaux de moi pour parler de toi que j’ai croisé ce matin dans le métro, que j’ai observé une quinzaine de minutes. Si je parle de toi c’est bien évidemment pour parler de moi.

Un monde étriqué, besoin de mots nouveaux et de découvrir la note, celle qui swingue qui me donne envie. Désir d’écrire, pas si facile, mes paupières tremblent, le monde est flou, je ne distingue plus un mot de l’autre, je suis enfermée dans mes morceaux de moi.

Dans le métro aérien, je m’amuse à regarder les immeubles, je m’amuse à regarder la fenêtre, un homme regarde la télé, un enfant joue dans sa chambre, une femme dort sur le canapé. J’ai envie de raconter pourquoi, je, pourquoi tu, pourquoi nous en arrivons là, à ce point de quotidien. Je m’égare, je le sens et ne peux expliquer, je me planque, je cherche une issue, mon intuition me dit non, c’est faux, tu n’es pas au bon endroit.

L’audace, j’adore ce mot. Un morceau de moi qui marche sur un fil dans le vide, les yeux solides, le regard ancré, je sens que c’est ce mot, et pas un autre et c’est si rare de sentir ce mot et pas un autre.

La tête, les nœuds, le cœur, l’émotion, le désir, le flot des mots. Je regarde la vie.

 

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