Marie ?

Pablo Picasso's Femme assise près d’une fenêtre, stunning and monumental depiction of Marie-Thérèse Walter (estimated at $56.2 million)

Six mois ont passé déjà depuis que Marie est partie. Je cours toutes les expos pour me reconnecter à la vie, à la couleur qui comptait tant pour elle. Le bleu, sa couleur préférée.

Un jour,  je reste coi devant une femme à la fenêtre. C’est Marie, son air détaché qui me faisait tant de bien,  ses yeux en amande,  son arrogance, ses jambes démesurément longues qu’elle croisait et décroisait, procurant chez moi, toujours la même excitation sans limite. Marie.  J’étais scotchée.

Picasso l’avait peinte avant qu’elle naisse, devant sa fenêtre.

Fenêtre …. FEU NAITRE ….  FEU Marie qui renaît  sous mes yeux …

Marie avait toujours les yeux ailleurs. Etait-ce un désir d’autre chose, un désir pour quelqu’un d’autre ? Elle était là sans être là. Je n’ai jamais compris ce qui lui manquait. J’ai toujours cherché des idées nouvelles pour la faire rêver, pour l’emmener ailleurs. Mais c’est elle qui malgré tout, partait seule ailleurs.  Elle n’a jamais voulu me raconter son enfance. Elle m’a dit qu’elle avait tout oublié le jour de ses dix-huit ans. Un choc ? Un traumatisme ?

Et là, par un grand heureux hasard, je viens de tomber sur Marie.  Ce tableau de Picasso va peut-être m’aider à comprendre qui était Marie, ce qui se cachait derrière sa grande pudeur, son air hautain, une extrême sensibilité qu’elle voulait à tout prix cacher ? C’est ça ?

Elle adorait observer la vie derrière la fenêtre de son atelier. Elle préférait  regarder les  autres,  vivre que vivre elle-même. Et moi, je suis resté près d’elle, sans rien comprendre. Le gardien  de Marie. Je l’aimais .Mais elle n’était pas dans la vie, pas dans ma vie, pas dans sa vie.

Je cherche des  réponses dans le tableau de Picasso.

J’enfouis ma tête dans le cou de Marie, si jaune.

Je caresse ses épaules, qu’elle aime lover, dans son éternel châle violet.

J’entrouvre  son chemisier rouge.

J’écarte ses jambes toutes vertes.

Mais elle reste de glace.

Cette chaise noire sur laquelle Marie est assise, ressemble à des barreaux de prison.

La vie de Marie, une prison dorée, où je l’ai protégée si longtemps.

Je n’aurais jamais dû laisser Marie prendre tous ses médocs qui l’ont abrutie pendant toutes ses années.

Je n’ai jamais trouvé la clé de Marie.

J’ai laissé les médicaments la détruire à petit feu.

FEU NAITRE  …

Fenêtre …

La fenêtre de Marie pour regarder la vie, celle des autres.

 

 

Soni

Consigne: utilisez le JE pour écrire un souvenir de quelque chose qui vous est arrivé et qui a été décisif pour vous. Libre à vous de rendre palpable au lecteur l’importance de ce souvenir pour vous…

Delhi, 14 février 2014, Soni, mon compagnon de route vient de me déposer à l’aéroport. Je pleure à chaudes larmes. Je suis tombée amoureuse de l’Inde. Et je dois rentrer ce soir, par le vol Air France Dellhi, Paris de 20h15. C’est impossible. Je ne veux pas donner mon billet à l’hôtesse Air France qui m’attend derrière son guichet. J’ai envie de lui jeter à la figure. Je n’ai pas du tout envie de retrouver ma fille, mes amis, mon boulot. C’est ici que je veux rester.

Toutes mes rencontres magiques défilent dans ma tête et je pleure de plus belle.

Il y a d’abord Soni qui m’a accompagnée pendant ces dix jours et qui m’a ouvert les yeux. Qui m’a fait découvrir qui j’étais dans nos longues discussions, dans le huis clos de sa voiture. Un huis clos, où l’on ne voit pas le regard de l’autre car on regarde tous les deux dans le même sens. Parler dans une voiture. On peut tout se dire : l’autre ne nous regarde pas, ne nous juge pas.

Il y a aussi toutes ces grandes et belles personnes dont j’ai croisé le chemin. Ces femmes heureuses de vivre avec un euro par mois et fières de leur labeur : dans les champs, sur les autoroutes, tellement philosophes et positives.

Il y a aussi ces étudiants qui rêvent de venir visiter la France. Vivine, le gardien du musée de Jodhpur, qui m’a fait découvrir des salles et des œuvres qu’on ne montre jamais aux visiteurs, habituellement.

Cette jeune femme, sur une route au milieu de nulle part, qui nous a préparé un chai tea , après avoir trait son bison. Ses yeux exprimaient tellement de choses, une noblesse, une grâce sans nom.

Le médecin bishnoi , qui m’a initiée à une cérémonie de l’opium, ce à quoi, je ne m’attendais pas du tout.

Tous les enfants avec qui j’ai parlé, le Rajasthan, un moment décisif de ma vie.

Une grande claque à ma vie d’occidentale qui se posait, tout le temps des questions.

Parce que vous comprenez, maintenant, j’avance plus forte dans ma vie.

Parce que vous comprenez, maintenant, je fais ce que je veux, moi.

Parce que vous comprenez, maintenant, je ne fais pas uniquement plaisir aux autres.

Parce que vous comprenez, maintenant, je dis non, quand je ne suis pas d’accord.

Parce que vous comprenez, je suis devenue quelqu’un d’autre. L’Inde m’a métamorphosée ….

Il eut l’idée… par Mary

La consigne : après avoir pris de nombreuses notes au cours d’une promenade de 15 minutes dans les rues de Montmartre, il s’agissait pour les participants d’écrire la suite du texte ci-dessous marqué en gras. Les notes prises devaient servir d’appui pour le travail d’imaginaire.

Né à Varsovie, Londres, Moscou, ou Leningrad, capitales plus rétives, j’aurais eu des arrières mieux assurés. La Ville Lumière, la coquette, mon cocon, a coutume de se montrer bonne fille avec l’envahisseur, du moins depuis sainte Geneviève, assez mal lunée pour convaincre Attila de lever le camp. Les mauvaises têtes ne s’y bousculent pas. On compte parmi ces insoumis un mien aïeul, quoique de sexe masculin, meunier de son état, Montmartrois, et propriétaire du Moulin de la Galette, tendance ronchon. En voyant l’armée impériale Russe arriver porte de Pantin, le 30 mars 1814, il eut l’idée d’être écrivain.

Pierre n’avait pas d’idée, lui. Il venait de s’installer à Montmartre, dans une chambre mansardée sous les toits, rue Berthe, près du bateau Lavoir. Il venait de quitter Claire et avait décidé d’écrire un nouveau roman. Depuis plusieurs semaines, il restait assis à sa table, face à la fenêtre, sans qu’un mot ne vienne.

Il adorait observer les passants de la rue Androuet, juste en bas de chez lui, en espérant que l’inspiration allait surgir sans mot dire. Au contraire, n’arrêtait pas de défiler dans sa tête, en boucle, des images de Montmartre, du moulin de la galette et de son propriétaire ronchon.

Des cartes postales universelles, le moulin de la galette sous la neige, le moulin de la galette, un soir d’automne, tout doré sous les éclairages.

Dalida qui chante à tue-tête : Paroles et Paroles …

Picasso et Modigliani qui descendent le passage des Abbesses.

Amélie Poulain qui va acheter ses pommes en bas de la rue Androuet.

Les Sots l’y laissent.

Le temps des cerises.

Les galeries de peintures.

STOP – STOP – STOP.

Soudain, Pierre vit passer sous sa fenêtre, une famille de touristes russes, le père, la mère, les 2 enfants, le nez en l’air, le père très massif, la mère toute fluette, un enfant massif, un enfant fluet. Il eut l’idée de partir dans une capitale plus rétive, comme Varsovie, Londres, Moscou ou Léningrad.

Il eut l’idée de quitter son cocon, la ville Lumière, la coquette comme il venait d’abandonner le cocon de Claire.

Il avait envie de prendre des risques, de se mettre en déséquilibre, d’écrire une histoire qui allait le surprendre, lui d’abord. 

mise en plume par Mary

Je voudrais écrire

Sur les nœuds,

Sur les papillons qui s’amusent,

Sur la tendresse, sur les regards,

Sur les larmes, les sourires,

Faire jaillir ce qui est en moi,

Et reste trop souvent bloqué,

Bloqué car j’appuie à fond

Sur le frein, au cas où,

De peur d’avoir mal,

De peur de devenir accro,

De peur de ne plus dormir,

De peur de basculer dans un autre monde,

De peur de perdre la maîtrise,

De mes jours et de mes nuits,

De ma vie.

Je suis ici parce que maintenant,

J’aurai  dû mal à vivre sans,

A vivre sans ces fous rires,

Cette bienveillance,

Cette écoute, cette absence de jugement.

J’aurai dû mal à vivre sans ce plaisir à l’état brut,

Ces pépites d’écriture que nous nous offrons.

Cette impression d’être hors du temps.

J’aurai du mal à vivre sans cette bulle de protection,

Que l’on perce sans crainte,

Pour aller toujours plus loin,

Et découvrir des sensations inattendues,

Des sensations étranges ….

J’aimerais que les autres m’emmènent ,

Du côté de cette rive,

De tous les côtés ,  d’ailleurs,

A l’envers, à l’endroit, au dessus,

En quinconce,

Au centre de la terre,

Dans les nappes phréatiques,

A la source du fleuve,

A son embouchure aussi,

Quand il se jette dans l’océan,

Sous tes yeux médusés.

 

incipit par Mary

La scène inaugurale se déroule à Paris, en face de la gare du Nord, dans le café qui se dénomme, ambitieusement, Brasserie de l’Europe. C’est chrome, plastique et moleskine, un décor propre à faire éclore la neurasthénie dans l’âme de toute personne  qui commettrait l’imprudence de le regarder. Il est un peu plus d’une heure.

Premier plan

Une jeune femme aux yeux clairs, aux pommettes saillantes est debout, face au bar. Je l’observe depuis  midi.  Ses jambes sont immensément longues, dans un jean trop court. Elle fume cigarette sur cigarette et scrute sans arrêt la grosse horloge au-dessus du bar. La crainte de louper son train.

Elle relie frénétiquement, en boucle, le sms qu’elle a reçu, hier :

« J’ai retrouvé votre père. Il s’agit de Pierre Merlin. Il demeure à Lille, avenue du général de Gaulle.

Il est d’accord pour vous rencontrer. Fabien Sébastien, détective privé ».

Telle une machine, Claire a aussitôt pris une journée de congés, réservé son billet de train pour Lille, appelé une baby-sitter pour garder la petite Emma, n’a rien dit à personne, pas même à Ugo. Pourtant Ugo savait qu’elle cherchait son père depuis dix ans. Ces retrouvailles, elle a choisi de les  vivre seule. Sa mère n’a jamais pu  lui dire la vérité sur son père. Les mots ne sont jamais sortis de sa gorge. Claire n’a pas  voulu que le détective lui envoie une photo de Pierre qui surgit dans sa vie au moment où elle ne s’y attendait plus. Enceinte d’Emma, elle avait fait des recherches, en vain …

La grosse horloge indique 13h20. Claire paie l’addition et se dirige comme un robot, vers la gare du Nord ….

A sept heures du matin…

Mary nous a gentiment envoyé le texte qu’elle a produit lors du dernier atelier de l’année. Il s’agissait de la contrainte ludique du marathon des mots.

A sept heures du matin, je me suis sentie prise par une angoisse.

Les bulldozers étaient déjà là pour détruire l’immeuble en bas de chez moi.

J’ai noué une écharpe autour de mon cou, pour aller les observer sur mon balcon. On aurait dit Pékin en démolition.

J’ai fait une tentative d’accepter que tout allait être reconstruit, qu’une faculté prestigieuse allait accueillir 18000 étudiants, sans laisser de trace de l’institut du bois.

La Sorbonne est un vrai piédestal pour tous les étudiants. C’est un secret pour personne dans le monde !

 

Léa

Elle portait des mitaines et surveillait d’un œil discret, ses deux sœurs en maillot de laine rose, par un bel après-midi d’automne, au jardin du Luxembourg.

La température était extraordinairement douce, les couleurs des arbres chatoyantes et lumineuses.

Les mitaines, Léa, 14 ans, ado trop grande pour son âge, en porte, toute l’année, juste pour se donner un genre. Elle est vêtue de gris des pieds à la tête, quelle que soit la saison.

Ses deux petites sœurs, Aglae et Sidonie, 5 ans à peine, sautent à la corde, à quelques mètres de Léa. Elles sont jumelles, blondes comme les blés, si différentes de leur grande sœur, très brune, très mince.

Du haut de mon balcon à la rampe patinée par les ans, je ne me lasse pas d’observer, sans être vu, mes petites voisines. Le tableau est très beau : le jardin aux couleurs écarlates, le chapeau gris de Léa, les pulls roses d’Aglae et Sidonie, la jolie courbe de la corde à sauter qui ondule et claque, dans un ballet incessant.

Je vois souvent Léa, les yeux dans le vague, garder ses petites sœurs. Leurs parents ne descendent jamais avec elles.

Cette après-midi –là, une femme les observe de loin, se rapproche, petit à petit et s’assoit près de Léa. Elle semble connaître l’adolescente.

La ressemblance entre Léa et cette femme est frappante. Qui est cette femme ?  Environ trente ans, toujours de noir vêtue, très mince, si mystérieuse ? Mon imagination court sans réponse pour le moment : Une parente de la jeune fille qui se cache ? Sa mère biologique qui n’a pas eu d’autre choix que d’abandonner à la naissance, Léa et qui l’a retrouvée…Que se disent-elles ?

Mary

La passante du sans-souci

Ce soir là,  en sortant du restaurant, je me suis perdue. Un peu trop bu, probablement….
Comme bien souvent, je suis partie dans la direction opposée. La rue Saint Lazare est déserte à cette heure avancée de la soirée, glaciale, peu éclairée. Seule,  une femme marche vers moi d’ un pas assuré , surement, une habitante du quartier.
Elle est très élégante. Elle porte un manteau fluide et un chapeau qui cache son regard.Quand elle arrive à ma hauteur, je lui demande mon chemin.
Et soudain , une vague d’émotion m’étreint, car je reconnais Sarah Bisiani, la fille de Romy Schneider.
« Suivez moi ! » me dit elle ,
« La station Notre -Dame de Lorette est à  cinq minutes, j’habite juste à côté. »
J’emboite le pas de mon guide providentiel. La rue est comme une photo qui tremble…
Plutôt une séquence de film qui tremble …
Comme ta fille te ressemble, j’ai  la sensation unique de te suivre , Romy, avec ta démarche sensuelle, inégalée, démarche qu’aucun homme, ni aucune femme n’oubliera jamais. Les images défilent  à toute vitesse, dans ma tête :
Sissi, les choses de la vie, César et Rosalie, la piscine, la passante du sans-souci, la banquière, l’important c’est d’aimer…. Tous ces films où tes personnages m’ont tant fait rêver….
Tes éclats de rire, ton cōté sombre et joyeux à la fois. La glace et le feu en même temps, tu attirais les hommes. Ce mystère, cette sensualité à fleur de peau. Cette grande classe, avec tes robes, tes chapeaux, toujours  très féminine. Aucune femme ne remet ses bas , ou porte un chapeau, un sac comme toi.
Tu fais partie de ma vie, Romy.
J’ai dansé la valse à Schönbrunn comme Sissi. Madame Baumstein m a  émue dans la passante du sans-souci.
Emma Eckart , la banquière, m’ a donné envie de briller au travail. La brindille qu’Alain Delon te passe dans le dos, au bord de la piscine, me fait frissonner à chaque fois. Rosalie et ses deux amoureux si différents l’un de l’autre. Hélène, dans les choses de la vie.Tout me parle…
Mais, le film est terminé. C’est  déjà Notre-Dame-de-Lorette.
Sarah me fait un petit signe et continue son chemin.
Je descends attraper le dernier métro.
C’est déjà demain,…

je me souviens…

Je me souviens que tu es parti sans te retourner, pour la 1ère fois, ce jour là.
Je me souviens que je suis allée dans ce petit village où je suis née, pour cueillir des poireaux. Une envie de poireaux vinaigrette , va savoir pourquoi ! On n y peut rien.
Ma jumelle avait horreur de cela. Elle me regardait , écœurée, les manger, comme si j étais une extra-terrestre.
Je me souviens que j’adorais  porter ce maillot rose, qui me donnait un teint lumineux, les soirs d’hiver.
Connasse, elle m’a dit. Que lui avais-je fait ?
Je me souviens que je l’avais perdue dans un labyrinthe. Elle m’en voulait pour toujours, certainement.
Ensuite, nous avons rejoint la grotte où nous jouions petites. Elle était devenue toute petite. Maman, je n’y crois pas. C’est étrange, ces lieux de l’enfance qui deviennent tout petits quand on est grands.
Une grande chaleur m’envahit. J’ai trop bu de mojito.

Mary

La sagesse

Week-end maussade, la pluie qui tombe sans discontinuer me donne le rythme. Je suis coincée dans mon salon, sur mon fauteuil préféré , et je dois chercher des indices, fouiller dans tous les coins et recoins de moi-même pour résoudre une énigme, comprendre qui je suis. J’ai une heure pour réussir , pas plus et personne pour m’aider.

On peut dire qu’il y a trois périodes dans ma vie, comme dans un « escape game ».

la première , la période rose, jusqu’à mes 22 ans . Une période passée à faire plaisir à mon frère, depuis sa plus tendre enfance , à céder à tous ses caprices sans broncher.
Pendant ce temps, ma mère trop absente , car fragilisée par un lourd passé , ne peut m’aider.
Heureusement , mon père me renvoie une image positive et bienveillante, répond toujours à mes attentes, m’encourage à toutes les étapes de ma vie.
Je suis passionnée de lecture et vis dans une bulle. Je fréquente peu de gens. Je m’échappe de mon quotidien un peu triste, en voyageant au travers des livres.
A 22 ans, je suis une jeune femme rêveuse, une fausse calme, impatiente de vivre plein de choses.

Puis , arrive la 2ème période, la période verte, une bouffée d’air.
Mes premières vacances de jeune travailleuse mettent sur mon chemin, celui qui va devenir le père de ma fille.
Comme je suis influençable et plus jeune que lui, pendant un peu plus de vingt ans , cet homme me modèle à son image. J’ai tout à apprendre. Telle une petite éponge studieuse, je découvre la vie à son contact. Sa joie de vivre, son optimisme débordant me contaminent pour toujours.
Nous profitons de la vie. Notre porte est toujours ouverte, pour nos amis.
Mais l’année de mes 44 ans, tout s’arrête. Il est emporté par une grave maladie.

Cette disparition brutale m’amène directement , sans me donner aucun choix, à la 3ème période, la période orange, la plus délicate .
Seule avec ma fille et obligée de devenir moi-même par la force des choses, pour la 1ère fois de ma vie. Impossible de tricher.
Cela peut prendre énormément de temps. Je réalise que j’ai été  » programmée  » dans mes périodes rose et verte et que je dois maintenant me « déprogrammer « . Que le prince charmant n’existe pas alors que c’est précisément ce que l’on inculque à toutes les fillettes dès leur plus jeune âge.
Après avoir beaucoup donné et rien obtenu en échange , je réajuste mes dons et mes attentes à la baisse. Je sais maintenant que le plus important, c’est moi. Je ne suis pas obligée de faire autant plaisir aux autres. J’apprends à dire non, à faire ce qui me convient vraiment. Je pense d’abord à moi. Serait-ce la sagesse qui pointe le bout de son nez ?