il eut l’idée… par A.C.

La consigne : après avoir pris de nombreuses notes au cours d’une promenade de 15 minutes dans les rues de Montmartre, il s’agissait pour les participants d’écrire la suite du texte ci-dessous marqué en gras. Les notes prises devaient servir d’appui pour le travail d’imaginaire.

Né à Varsovie, Londres, Moscou, ou Leningrad, capitales plus rétives, j’aurais eu des arrières mieux assurés. La Ville Lumière, la coquette, mon cocon, a coutume de se montrer bonne fille avec l’envahisseur, du moins depuis sainte Geneviève, assez mal lunée pour convaincre Attila de lever le camp. Les mauvaises têtes ne s’y bousculent pas. On compte parmi ces insoumis un mien aïeul, quoique de sexe masculin, meunier de son état, Montmartrois, et propriétaire du Moulin de la Galette, tendance ronchon. En voyant l’armée impériale Russe arriver porte de Pantin, le 30 mars 1814, il eut l’idée… De peindre un tableau, une rue bleue et une lune rouge, il eut l’idée d’étaler ses papiers sur les pavés. Dans le couloir à droite, tu peux voir son portrait, un fusain, le barbu c’est lui, l’aieul ! Tu verras a quoi il ressemble l’insoumis de la famille, je suis sérieux, va voir, regarde, va je te dis. Tu n’as pas l’air de me croire. Jamais il n’avait évoqué cet homme et pourtant depuis un an elle vient rue Androuet.

Ce soir le vent est frais, Nina porte des collants en laine beige et des mitaines de la même couleur.

– Est-ce que tu veux venir avec moi dimanche ? si tu viens je te montrerai la toile bleue et la lune.

Nina ne répond pas, elle regarde par la fenêtre les rouge gorge dessinés sur le mur de l’immeuble d’en face, c’est bien plus amusant. Depuis qu’il a hérité de l’immeuble, Antoine bascule dans des états d’âme, des histoires de vieux, des idées obscures, il l’ennuie.

– Je reviens, à tout de suite, je reviens, promis.

Nina descend les deux étages, croise l’homme à lunettes, celui qui passe sa vie dans sa voiture devant l’immeuble à écouter la radio. Elle sort et fume la première cigarette de la soirée, elle remonte rue Berthe, ses talons claquent sur les pavés.

Antoine prépare des œufs cocotte, son plat préféré. Il reprend le cahier de son grand-père et relit la dernière phrase, il eut l’idée et puis rien, du silence, un vide insurmontable, il ne saura jamais l’idée qu’il a eu….rien n’est écrit. Anéanti par ce rien, Antoine a peur d’une chute, il a peur des minutes qui vont suivre, de Nina, des murs de l’immeuble remplis de secrets, de ses quarante ans, de la suite.

Assise sur une des marches de la petite place à côté de la fontaine wallace, elle fait des ronds avec la fumée de sa cigarette, elle fait des bonds à l’intérieur, elle fait des suppositions, elle fait l’ addition des sentiments et des émotions. Nina vit en France depuis deux ans, elle est venue à Paris grâce à Amélie poulain, c’est ce qu’elle aime dire aux inconnus, aux curieux. C’est tout de même bien vrai, c’est après avoir vu ce film, qu’elle a fait sa valise, qu’ elle a quitté son pays, qu’elle est venue au pays des bistrots,  elle aime écouter Antoine raconter l’anecdote de ce mot bistrot, les russes et leur impatience d’envahisseurs, bistro, bistro, vite, vite, dépêchez-vous !

– Dépêche-toi Nina, dépêche-toi de revenir.

Impatient, Antoine tourne en rond. En attendant Nina, il regarde le portrait du barbu.

 

Il eut l’idée… par Mary

La consigne : après avoir pris de nombreuses notes au cours d’une promenade de 15 minutes dans les rues de Montmartre, il s’agissait pour les participants d’écrire la suite du texte ci-dessous marqué en gras. Les notes prises devaient servir d’appui pour le travail d’imaginaire.

Né à Varsovie, Londres, Moscou, ou Leningrad, capitales plus rétives, j’aurais eu des arrières mieux assurés. La Ville Lumière, la coquette, mon cocon, a coutume de se montrer bonne fille avec l’envahisseur, du moins depuis sainte Geneviève, assez mal lunée pour convaincre Attila de lever le camp. Les mauvaises têtes ne s’y bousculent pas. On compte parmi ces insoumis un mien aïeul, quoique de sexe masculin, meunier de son état, Montmartrois, et propriétaire du Moulin de la Galette, tendance ronchon. En voyant l’armée impériale Russe arriver porte de Pantin, le 30 mars 1814, il eut l’idée d’être écrivain.

Pierre n’avait pas d’idée, lui. Il venait de s’installer à Montmartre, dans une chambre mansardée sous les toits, rue Berthe, près du bateau Lavoir. Il venait de quitter Claire et avait décidé d’écrire un nouveau roman. Depuis plusieurs semaines, il restait assis à sa table, face à la fenêtre, sans qu’un mot ne vienne.

Il adorait observer les passants de la rue Androuet, juste en bas de chez lui, en espérant que l’inspiration allait surgir sans mot dire. Au contraire, n’arrêtait pas de défiler dans sa tête, en boucle, des images de Montmartre, du moulin de la galette et de son propriétaire ronchon.

Des cartes postales universelles, le moulin de la galette sous la neige, le moulin de la galette, un soir d’automne, tout doré sous les éclairages.

Dalida qui chante à tue-tête : Paroles et Paroles …

Picasso et Modigliani qui descendent le passage des Abbesses.

Amélie Poulain qui va acheter ses pommes en bas de la rue Androuet.

Les Sots l’y laissent.

Le temps des cerises.

Les galeries de peintures.

STOP – STOP – STOP.

Soudain, Pierre vit passer sous sa fenêtre, une famille de touristes russes, le père, la mère, les 2 enfants, le nez en l’air, le père très massif, la mère toute fluette, un enfant massif, un enfant fluet. Il eut l’idée de partir dans une capitale plus rétive, comme Varsovie, Londres, Moscou ou Léningrad.

Il eut l’idée de quitter son cocon, la ville Lumière, la coquette comme il venait d’abandonner le cocon de Claire.

Il avait envie de prendre des risques, de se mettre en déséquilibre, d’écrire une histoire qui allait le surprendre, lui d’abord. 

Il eut l’idée… par Sophie A.

La consigne : après avoir pris de nombreuses notes au cours d’une promenade de 15 minutes dans les rues de Montmartre, il s’agissait pour les participants d’écrire la suite du texte ci-dessous marqué en gras. Les notes prises devaient servir d’appui pour le travail d’imaginaire.

Né à Varsovie, Londres, Moscou, ou Leningrad, capitales plus rétives, j’aurais eu des arrières mieux assurés. La Ville Lumière, la coquette, mon cocon, a coutume de se montrer bonne fille avec l’envahisseur, du moins depuis sainte Geneviève, assez mal lunée pour convaincre Attila de lever le camp. Les mauvaises têtes ne s’y bousculent pas. On compte parmi ces insoumis un mien aïeul, quoique de sexe masculin, meunier de son état, Montmartrois, et propriétaire du Moulin de la Galette, tendance ronchon. En voyant l’armée impériale Russe arriver porte de Pantin, le 30 mars 1814, il eut l’idée de tendre un piège à ces soldats fourbus, avides de breuvages rouges blancs bleus et de poitrines rosées. C’est là, chez lui que s’arrêterait leur marche, et suspendus aux ailes des moulins de Montmartre, on entendrait ces gueux pleurer leur défaite sur les toits de la ville.
Mais mon aïeul, bien que robuste et zélé, ne pourrait, sa femme et son ami Brecht le lettré le lui rappelaient sans cesse, agir seul.

Il lui faudrait d’abord se réconcilier avec les chiens de la Butte. Le noir et gris qui depuis toujours vient pisser sans vergogne et sans lever la patte sur le pas de sa porte, le petit au poil ras, roquet de son état, et l’autre aussi, celui qui va sans laisse et sans but mais qui le soir venu, vient se frotter aux jambes de la femme aux cheveux paille drus comme ses pinceaux. Il persuaderait les taverniers et autres tenanciers de rassembler leurs fûts et leurs conserves, tâche bien plus aisée que celle d’aller convaincre les prostituées du bas faubourg de remonter le russe jusqu’en haut de la Butte. Il prendrait pour cela conseil auprès du vieux barbu qui voit le monde à travers ses lunettes d’écaille. Lui seul dans ici connait la langue et les coutumes de l’ennemi, il serait son atout, son allié le plus précieux. Ensemble ils prendront les devants. Ils affineront la stratégie et peintres, danseurs et musiciens, hommes et femmes, jeunes et vieux animeront le bal.
Un bal fantastique, le dernier bal de l’armée russe, un bal funeste, sanglant, inoubliable dont lui, mon aïeul, serait le héros, lui le ronchon le rabougri en qui, jusque là, jamais personne n’avait cru.

Il eut l’idée… par Isabelle

La consigne : après avoir pris de nombreuses notes au cours d’une promenade de 15 minutes dans les rues de Montmartre, il s’agissait pour les participants d’écrire la suite du texte ci-dessous marqué en gras. Les notes prises devaient servir d’appui pour le travail d’imaginaire.

Né à  Varsovie, Londres Moscou, ou Leningrad, capitales plus rétives, j’aurais eu des arrières mieux assurés. La Ville Lumière, la coquette, mon cocon, a coutume de se montrer bonne fille avec l’envahisseur, du moins depuis sainte Geneviève, assez mal lunée pour convaincre Attila de lever le camp. Les mauvaises têtes ne s’y bousculent pas. On compte parmi ces insoumis un mien aïeul, quoique de sexe masculin, meunier de son état, Montmartrois, et propriétaire du Moulin de la Galette, tendance ronchon. En voyant l’armée impériale Russe arriver porte de Pantin, le 30 mars 1814, il eut l’idée de peindre des flamants roses  sur les murs de son moulin et d’envoyer son petit dernier à la pharmacie qui fait l’angle, rue Berthe, pour y acheter « Ride in Peace », une potion bleutée réputée pour éloigner les aigreurs d’estomac, et les araignées sur les murs. Il recruta des choristes amateurs, les petits Poulbots, et demanda à sa fidèle amie, Dalida, qui vivait à deux pas de là, dans une maison « On dirait un château » de rassembler son sacré cœur, et de rappliquer illico presto. Le plan était simple, transformer le moulin en une vaste guinguette, appelée « Je monte, je valide », et rendre l’endroit si attractif à six lieues à la ronde que les gaillards de l’armée Xantia, ne manqueraient pas d’honorer le plancher de bois de leurs bottes ferrées.

 « Bouche dans la Joue », compère du régiment, ami de longue date de mon aïeul, obtint le premier rôle pour rendre publicité de l’évènement au-delà de la butte. Un bal était organisé, une guinguette nommée La Dégustation, des plus sophistiquées, vous attendait… Au menu : velouté de Lentille Corail.

 Un achat de Violoncelles fut organisé et la répétition, tous les soirs, donnait lieu à de nombreux alignements de Zboub, gaillards entrainés à assommer l’ennemi une fois le Ride in Peace passé dans le sang.

 Ses héros de la commune, comme Jean-Baptiste Clément – pour n’en citer qu’un – furent exemplaires, on se souvient encore c’était le temps des cerises, les fenêtres étaient bleu, blanc et rouge, l’eau ruisselait sur les pavés de la rue de la Mire, la Chouette effraie s’abattait ailes écartées sur l’ennemi.

 « Escape Hozée ! » était leur cri de guerre, casques en blancs, ils levèrent leurs violoncelles. Dalida chantait  « il n’avait pas 17 ans » ses amis Montmartrois ne l’oublieront pas.

 Les corps… nul se souvient… Orchampt… disparus, mais les grandes carrières vous connaissez