Mise en plume par AC

Je suis ici parce que, la vie m’y mène aujourd’hui. Je ne suis plus une souris grise, je ne me cache plus derrière les volets et les portes entrouvertes. J’ai toujours rêvé de porter des chaussures rouges, une souris ne porte pas de chaussures rouges, enfin dans ma logique, elle n’en porte pas. Déterminée je monte les escaliers, j’accélère le pas, le nuage gris ne m’effraie pas, j’arrive….

J’aimerais que les autres, ne trichent pas non plus. Alfred le premier, j’imagine déjà sa colère, sa rage et son visage rouge. La vérité entre les mains, il dicte sa loi sur moi au mauvais endroit. Que Lucie ne me coupe pas la parole, sinon je suis prête à lui arracher la langue, sa belle langue de pute.

Je voudrais écrire comme le vent, avec un do, un sol puis un fa dièse. Prendre le temps, choisir la matière, caresser le papier, le sentir, et le froisser si il faut. La délicatesse, je lui dois bien cela, de la gratitude aussi. vivre comme un automate toutes ces années, faire pour plaire, dire oui et penser le contraire. Je voudrais lui écrire ce soir, qu’il reçoive la lettre demain. Ne plus expliquer les pourquoi des comment, et vivre, ne plus avoir mal à la tête, ne plus sentir les clous me percer l’âme.

Mise en plume par Guillaume

J’aimerais que les autres ne trichent pas non plus. J’en ai plein le dos de ces gens qui trichent ! Je suis entouré de tricheurs, et ils me fatiguent. Toujours à vouloir la ramener, se faire plus qu’ils ne sont, ou différents. Moi, je ne triche pas, jamais. Je suis un pur. Et jamais je n’ai triché. Et ça me fatigue. J’en ai plein le dos, de ne pas tricher. J’aimerais savoir la ramener, me faire plus, ou différent. Ne pas être pur. Je veux tricher ! Je vais tricher !

Je suis ici parce que j’aurais du mal à vivre sans. Je ne saurais plus faire sans. J’ai besoin de ces moments avec moi-même, où je me laisse aller à rêver… à construire mon monde imaginaire. Ces moments de dialogue avec mon écran blanc, qui me taquine un peu les yeux – tiens, il est trop lumineux, je le baisse un peu – où enfin je peux me laisser aller à tricher.

Je voudrais écrire comme le vent : il passe, fluide et souple, sans laisser de traces le plus souvent, et parfois il balaie tout. Il caresse, ou il ne laisse rien. Je voudrais écrire comme cette force primale qui se laisse vivre sans souci de ce qu’elle fait. Elle vit, tout simplement. Même quand elle triche.

Mise en plume par Isabelle H.

Je suis ici parce que la vie m’y mène aujourd’hui, j’ai suivi le traçage en pointillé, de mon enfance, à ce jour. Me voilà décidée de ne plus mettre ces mots de côté pour cela, je fais ce pas de côté. Un désir, les faire fleurir comme des pensées, les poser une fois pour toute, et de les partager. Un rendez-vous osé…

J’aimerais que les autres m’entendent du côté de cette rive, certains chausseront de hautes bottes pour s’approcher un peu, certains se lanceront nus pieds, sérieux ou plaisantins, mais ils devront déposer avant la traversée, la ribambelle des convenues, l’orthographe et tout le tintouin, et fermer les yeux pour entendre un peu… de moi.

Je voudrais écrire comme le vent, tantôt grondant, tantôt virevoltant, tantôt glaçant, tantôt rafraichissant, tantôt violent, tantôt soutenant, tantôt, tantôt, oh, oh… Je voudrais que mes mots, aient la délicatesse de s’envoler,  de disparaître,  mais aussi  de se poser dans tes cheveux.